2.5.1 « Je suis allé hier à Villard. C’est magnifique. J’espère beaucoup. »
Extrait de lettre de Wacław Godlewski à Marcel Malbos (Association Mémoire du lycée polonais).


Grenoble semble idéale comme emplacement : ville universitaire, nombreux réfugiés dont les élites varsoviennes, proximité de la Suisse neutre et bienveillante. Le choix final se porte sur un village plus discret dans le voisinage : Villard-de-Lans et ses nombreux hôtels désertés depuis le début de la guerre.
Où créer le nouveau lycée ? Zygmunt Lubicz-Zaleski fait le tour des universités qui ont des lectorats de polonais : Toulouse, Montpellier, Clermont-Ferrand, Lyon et enfin Grenoble, le 24 septembre. Grenoble est une ville universitaire qui accueille nombre d’étudiants polonais. Parmi eux, des militaires démobilisés qui, après de multiples péripéties, y ont trouvé refuge. Une partie de l’intelligentsia d’avant-guerre s’y est aussi regroupée : anciens ministres, ambassadeurs, hauts fonctionnaires, magistrats, artistes… Grenoble est également préfecture de l’Isère, un département où l’émigration polonaise est ancienne et importante. Enfin, atout supplémentaire, Grenoble est proche de la Suisse, considérée comme neutre et bienveillante.
Lubicz-Zaleski rencontre le recteur de l’académie Sarrailh et son représentant, le professeur polonophile Ambroise Jobert. Il obtient que l’académie veille sur l’établissement et s’engage sur la reconnaissance par les autorités françaises des diplômes délivrés. Le recteur propose que, plutôt qu’a Grenoble, le lycée s’installe dans un village discret et pas trop éloigné, Villard-de-Lans : une communauté à vocation touristique où les hôtels sont nombreux… et vides. Lubicz-Zaleski s’entretient également avec Czesław Bobrowski-Korolko, organisateur pour la France des centres d’accueil pour les Polonais en France : leur collaboration est décidée.
Le 28 septembre, Lubicz-Zaleski et Godlewski sont appelés à Vichy pour une réunion au sommet avec les représentants du gouvernement en exil. Le principe est acquis d’un lycée nouveau, mais qui gardera le nom de l’ancien. Il s’installera bien à Villard-de-Lans.
Extrait de lettre de Wacław Godlewski à Marcel Malbos (Association Mémoire du lycée polonais).

Place de la mairie, Villard-de-Lans, dans les années 1930. Carte postale (Domaine public).

L’hôtel du Parc et du château dans les années 1930. Carte postale (Domaine public).
